21 juillet 2008

La peugeot 205 rouge

205_gti_19

  Une peugeot 205 rouge. Deux personnes à bord. Un garçon et une fille. Papiers du véhicule en règles. Aucune fiche de recherche. Deux jeunes gens trouant la nuit à bord d'un vieux tas de ferraille.

  Nous croisons souvent ce véhicule : au détour d'un carrefour, d'un rond-point... dans de petites ruelles où passent difficilement deux voitures. A bord de l'amas de tôles rouge : Bonnie & Clyde dans leurs errances nocturnes.

  Nous avons bien tenté de savoir pourquoi nous croisons ce véhicule si souvent, presque toutes les nuits. Pourquoi nous suit-il ? Comment font ces gens pour nous retrouver, parfois même à des heures impossibles, vers deux où trois heures du matin...

  Lors des contrôles que nous leurs infligeons, nous ne trouvons jamais rien : pas de stups, pas de conduite en état d'ébriété... même la ceinture est bouclée. Lui est plutôt poli, ne mettant pas un mot plus haut que l'autre. Elle... atteinte d'un cancer, son crâne nu toujours enveloppé par la capuche de son sweat-shirt. Elle est plutôt hostile à notre égard. Elle nous répond toujours de cette manière agacée qu'on les gens à qui l'on mettrait bien volontiers de bonnes baffes. Arrogante, insolente, tête à claque. L'exact contraire de son compagnon.

  Nous avons bien tenté vainement de retourner le véhicule, nous avons fouillé le cendrier crasseux, retourné les tapis, regardé sous les sièges, dans le fin fond du coffre... et même sous le véhicule. Rien.

  Ont-ils installé un traceur dans notre véhicule ? Dans ce cas, pourquoi n'ont-ils rien sur eux qui puisse nous indiquer qu'ils nous suivent à la trace ? Comment connaissent-ils les endroits dans lesquels nous patrouillons, relativement éloignés les uns des autres ? Quel est leur but ?

  Bien sûr, les imaginations peuvent bien s'enflammer : deux âmes qui errent la nuit et qui pistent les policiers comme pour raviver le souvenir brûlant d'un accident de voiture causé par la police, et dans lequel ils sont décédés... il y a de cela vingt ans en arrière. Mais le rationnel refait surface lorsqu'il s'agit de penser que ces jeunes gens présentent des papiers d'identité, que le conducteur est bel et bien inscrit au fichier des permis de conduire et que la carte grise du véhicule ressort au fichier national automobile comme lui appartenant. Bien sûr. Mais...

  Un couple dans une peugeot 205 rouge, fantômes pisteurs de policiers, dont l'un est discret, et l'autre atteinte d'un cancer. Dans les entrelacs de tours et de passerelles, dans les zones pavillonnaires, sur les petites départementales... ils nous croisent, n'ont rien à se reprocher, n'ont pas de destination, nous répondent simplement qu'ils se promènent en voiture... à deux, trois heures du matin. Ils nous retrouvent plusieurs fois dans la nuit à des kilomètres d'écart, sans que nous les ayons aperçu dans nos rétros. Alors le rationnel oui, mais...

policeline

Posté par Galileo PLDNC à 22:42 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur La peugeot 205 rouge

    etonnant

    je ne sais pas si vous êtes réellement dans la police, néanmoins vous racontez merveilleusement bien vos missions, si telle est le cas. J'ai découvert un blog d'une femme flic. Et qui vous a en lien. C'est incroyable on a l'impression d'avoir à faire a des écrivains vraiment bravo.

    Posté par Crystelle, 12 août 2008 à 23:21 | | Répondre
  • re petit couocu

    Bonjour, je repasse pour vous re dire un petit bonjour, c'est gentil de votre part d'avoir mis mon texte en première page ; je souhaite vous dire également qu'écrivain vous l'êtes déjà sûrement. Par exemple : quand vous décrivez la découverte du « cadavre » dans le texte la mort, vous avez les mots, vous avez un vocabulaire assez exceptionnel et ça j’adore.
    Ex : que l'haleine sépulcral. (Un mot pour moi carrément inconnu) excellent. Et bien d’autre encore évidemment. @ bientôt.

    Posté par Crystelle, 13 août 2008 à 13:55 | | Répondre
Nouveau commentaire